Régis HAUTIÈRE, Régis GODDYN
CRITIC
392pp - 21,50 €
Critique parue en avril 2026 dans Bifrost n° 122
Dans quelques siècles d’ici. L’essentiel de l’Europe s’est transformé en désert et ce qu’il reste de sa population survit comme elle peut. Les plus nantis vivent dans d’immenses tours, mais la vie n’y est pas rose pour autant, la société se stratifiant à l’extrême dans les étages — les plus riches en haut, les plus pauvres en bas, comme de juste les autres se calfeutrent dans des cités enterrées ou arpentent ce continent devenu inhospitalier, essayant de trouver dans les ruines les trésors du passé. Jayden est l’un de ces pillards, menant sa vie cahin-caha avec sa compagne et leur fille. Sillonner le désert à bord de leur véhicule tout-terrain, descendre dans les décombres des anciennes villes, ramener des artefacts, négocier leur prix auprès de tel ou tel clan. Une vie qui bascule du jour au lendemain lorsque sa famille est froidement tuée, après une trahison insoupçonnée. Alors qu’il cherche la mort dans ces étendues arides, il est secouru par des rebelles. Certains d’entre eux sont mus par un but : tout faire péter. Göndar Carlson, lui, vit de petits boulots dans les tours de Neo-Amsterdam. Un jour, il parvient à rejoindre une expédition scientifique. D’étranges structures sont apparues en plein désert. S’agit-il de choses très anciennes ou, à l’inverse, étonnamment récentes ? C’est ce que l’expédition doit découvrir. Si les rebelles et autres pillards le permettent.
Barkhanes est un roman écrit à quatre mains : celles de Régis Goddyn, auteur de la saga du « Sang des 7 Rois» (neuf volumes chez L’Atalante) et de Régis Hautière, scénariste BD (notamment, depuis une quinzaine d’années, de la série Aquablue). Hélas, leur association ne produit pas vraiment d’étincelles. Les prémices de Barkhanes relèvent du post-apo standard, et ce ne sont pas les personnages qui retiennent l’attention. Le récit alterne mécaniquement le plat récit à la première personne de Jayden et ceux, à la troisième personne, de Göndar et d’autres habitants des tours. L’ennui pointe vite le bout de son nez. La conclusion, qui ouvre des perspectives glaçantes, reste amenée de manière un rien trop brutale pour que le roman se termine sur une note mémorable… Dommage.
Erwann Perchoc