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Les critiques de Bifrost

Destination Soleil

William ALEXANDER
L'ATALANTE
208pp - 15,50 €

Critique parue en juillet 2026 dans Bifrost n° 123

Coursière, Tova Lir parcourt le Système solaire pour y délivrer des messages ou des colis. Lors d’une de ces missions, elle découvre le cadavre d’un collègue dans une épave… Ici, on n’est pas chez Mickey, et Tova a un vécu particulier. Aussi se sent-elle très vite menacée ; la partie de cache-cache peut commencer…

Notre héroïne profite de ses longs voyages spatiaux pour élever des bébés IA, dont la dernière en date lui sauve la peau mais reste éparpillée dans le flux de données qui irrigue tout le Système solaire. Après avoir capturé la tueuse qu’elle a au train, elle va courir de la Lune à Mercure, de Mars puis à la Terre. Au fil de ses pérégrinations, elle croisera l’une de ses mères, reine de la Lune, son stupide frère, plusieurs (ro)bots qu’elle a élevés, un perroquet, d’autres IA dont un chapeau, et divers autres personnages parmi lesquels un prêtre fanatique du culte solaire. Une catastrophe survenue sur la Lune ayant occasionné plusieurs milliers de victimes semble imputable au terrorisme, les bots servant de boucs-émissaires. D’une manière générale, les hommes font figure de méchants… et la montagne accouche d’une souris.

Heureusement que ce roman est court, car on s’y ennuie ferme durant les trois premiers quarts, le dernier relevant un tantinet le niveau. L’histoire est mal fichue. Tout y semble artificiellement centré sur le personnage principal. On aurait préféré que la catastrophe lunaire ait été la conséquence de quelque prévarication, ce qui aurait rendu le tout bien plus cohérent et plausible, mais l’auteur n’y fait pas la moindre allusion. Le lecteur ne peut que s’autoriser à subodorer… On peine aussi à s’intéresser à ce prêtre qui en veut à Tova pour le viol d’une sépulture censée se sublimer dans le soleil, dont la raison d’être est de permettre d’atteindre la taille d’un (petit) roman.

Au final, Destination Soleil est une sorte de roman policier s’inscrivant dans un univers s’apparentant à ceux des « Huit Mondes » de John Varley ou des Sculpteurs de ciel de Alexander Jablokov, mais dont l’intérêt est moindre. Ça reste lisible, mais à l’instar de pas mal d’ouvrages actuels, on a souvent le sentiment de perdre son temps.

Jean-Pierre Lion

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