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La Cité sans mémoire

Un an après L'ombre de Mars, Raymond Clarinard revient, cette fois en solo, avec un nouveau space opera de meilleure facture que le précédent. On se souvient que L'ombre de Mars était un roman perclus d'incohérences qui commençait comme une fiction martienne moderne à la K. S. Robinson et trouvait sa conclusion à la manière de Leigh Brackett. Avec La cité sans mémoire, Clarinard ne réitère au moins pas ce travers. Il pose une bonne fois son univers, un cadre stellaire dominé par l'Empire Martien et y intègre tous les éléments ; on ne régresse plus dans l'histoire du genre au fil des pages.

La planète Monkcheh est assiégée par l'Empire Martien à qui elle donne du fil à retordre, aussi, bien des gens nourrissant quelques acrimonies envers l'Empire s'apprêtent à forcer le blocus. Ainsi le cargo proximien Tam Habulla ramène-t-il chez lui le seigneur de la guerre de Monkcheh, Omi-Yama, après une infructueuse tournée diplomatique. Par malheur, le briseur de blocus terrien T. S. Keiretsu est en retard à son rendez-vous avec le destroyer pirate Osiris. Celui-ci décide d'arraisonner le Tam Habulla qui s'écrase dans une gigantesque cité dérivant dans le cosmos. L'Osiris est également piégé par la cité. Un commando envoyé pour s'emparer de la cargaison du cargo disparaît dans la ville déserte… Quel horrible secret renferment les murs de ce monde mort ? Voilà ce que l'auteur nous invite à découvrir…

Les péripéties s'accumulent sans que toutes les questions posées soient résolues. La psychologie est plutôt sommaire, l'action prime. L'empreinte de Leigh Brackett ou de la C. L. Moore période Northwest Smith marque encore ce deuxième roman. Malheureusement, toute poésie fait cruellement défaut. La cité sans mémoire voit son écriture rester désespérément fade, froide, stérile et pâle, dénuée de toute saveur. Cette écriture se veut peut-être le reflet de la vacuité de la cité et des êtres qui la hantent, mais il en résulte une édulcoration certaine du sense of wonder qui ne laisse au lecteur que l'action pour s'accrocher. Au final un second roman qui, bien que plus cohérent que son prédécesseur, restera anecdotique.

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