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Le Phare

Si les lecteurs français commencent à bien connaître la nouvelle génération d'écrivains de science-fiction britanniques, les jeunes auteurs américains semblent actuellement avoir plus de mal à traverser l'Atlantique. Et surtout les jeunes « auteures », lesquelles sont apparues en nombre sur le marché ces dernières années. Il serait pourtant grand temps que le lectorat français découvre que la « jeune s-f féminine américaine » ne se limite pas à l'encombrante Lois McMaster Bujold ou à Connie Willis, qui, rappelons le, fit ses débuts en 1971 ! De ce point de vue, la publication de Le Phare, troisième roman de Valérie J. Freireich, est une bonne nouvelle.

Quelques siècles après la période des cinq Hécatombes, qui entraîna la chute des Anciens Temps Modernes — comprenez : notre civilisation — , le monde vit enfin une période de paix et de stabilité. La quasi-totalité des humains sont liés à l'Assemblée, système de communication à l'échelle planétaire, recueillant non seulement des informations, mais également les émotions et les souvenirs de ceux qui s'y connectent, et qui assure à elle seule la stabilité de la société. Mais l'arrivée sur Terre de quatre humains, surnommés les Voyageurs, et semble-t-il originaires d'une colonie perdue, va remettre en question les fondements mêmes de cette société. Stefan Acan, Juge à la Cour Universelle, va tenter de découvrir auprès de Béatrice Whit, l'une des quatre émissaires d'outre-espace, quel est le véritable but de leur venue sur Terre, et quels dangers ceux-ci pourraient représenter pour la planète.

Le Phare possède des qualités certaines : un univers original et bien décrit, tant dans le fonctionnement de ses institutions politiques que dans ses conventions sociales, des personnages bénéficiant d'une certaine épaisseur, et une intrigue dans l'ensemble convenablement menée, même si, curieusement, l'auteur décide de révéler au lecteur le secret des Voyageurs avant que son personnage principal, Acari, ne le découvre par lui-même. On ne s'ennuie donc pas tout au long de ce roman, mais il lui manque pourtant l'étincelle, ce petit quelque chose qui transforme une lecture agréable en une lecture mémorable. En définitive, Valérie J. Freireich se révèle être une romancière capable, mais il lui manque toutefois encore cette aisance et cette singularité qui la différencierait du tout-venant de la production américaine. À lire donc, en attendant mieux.

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