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Quatre cents milliards d'étoiles

Brièvement entrevu dans les pages de Fiction à la fin des années 80, publié dans l'anthologie Century XXI (Encrage) puis dans les pages de Galaxies, c'est au tour des grandes collections de SF françaises de s'intéresser à Paul J. McAuley, l'un des écrivains les plus talentueux de la nouvelle vague britannique. Après Les Conjurés de Florence (Denoël « Présences »), et en attendant la traduction du splendide Fairyland, J'ai Lu publie aujourd'hui son premier roman.

Quatre cents milliards d'étoiles se déroule dans un futur assez éloigné. L'humanité est en guerre contre les Alea, une race extraterrestre dont elle ignore tout. Afin de percer leurs secrets, Dorthy Yoshida, une jeune télépathe, est envoyée sur une planète terraformée par les Alea. Son rôle au sein de l'équipe d'exploration est de tenter d'entrer en communication avec les créatures primitives qui peuplent ce monde, surnommées les Bergers, et de découvrir le lien qui les unit aux Alea.

Même si McAuley a fait bien mieux par la suite, ce premier roman est loin d'être inintéressant. Quatre cents milliards d'étoiles est un space opera mâtiné de hard science, s'inscrivant dans une tradition établie par Hal Clement ou Larry Niven, et poursuivie ces dernières années par des auteurs comme David Brin et Gregory Benford. Le traitement des divers thèmes de ce roman (télépathie, écologie, première rencontre avec une civilisation extraterrestre, etc.) n'est pas foncièrement original, mais il est globalement bien maîtrisé. Paul J. McAuley a su créer un univers crédible et intéressant, dont il ne révèle que progressivement les mystères. Ajoutons à cela un personnage principal féminin attachant de par sa complexité, qui plus est traité sans une once de machisme, et l'on obtient un roman qui, s'il ne bouleverse pas les données du genre, se lit avec un plaisir évident.

Souhaitons que J'ai Lu aura la bonne idée de traduire les deux romans suivants de McAuley, Secret Harmonies et Eternal Light, situés dans le même univers que celui-ci.

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