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Rich LARSON

Disponible   À paraître   Bientôt épuisé   En réimpression   Épuisé

Revues - Bifrost - 108

Bifrost n° 108

Ma dernière nuit d’enfant commença par une visite. Les sœurs de T’Gatoi nous avaient attribué deux œufs stériles. Le premier, T’Gatoi le donna à ma mère, mon frère et mes sœurs ; l’autre, elle tenait à ce que je le mange en entier. Peu importait. Il y en avait assez pour que tout le monde se sente bien à la fin. Presque tout le monde. Ma mère ne voulait pas y toucher. Elle restait assise là, à nous regarder planer et rêver sans elle. La plupart du temps, elle me regardait, moi. Couché contre le long ventre velouté de T’Gatoi, je sirotais mon œuf en me demandant pourquoi ma mère se refusait un plaisir aussi inoffensif. Elle aurait eu moins de cheveux gris si elle se l’était accordé de temps en temps. Les œufs prolongeaient la vie et la force. Mon père, qui n’avait jamais dit non à aucun, était parvenu à un âge au moins deux fois plus avancé que la normale. Et, sur le tard, quand il aurait dû se trouver ralenti, il avait épousé ma mère et lui avait fait quatre enfants…

Octavia E. Butler
Enfants de sang

11,90 €

Revues - Bifrost - 108

Bifrost n° 108

Ma dernière nuit d’enfant commença par une visite. Les sœurs de T’Gatoi nous avaient attribué deux œufs stériles. Le premier, T’Gatoi le donna à ma mère, mon frère et mes sœurs ; l’autre, elle tenait à ce que je le mange en entier. Peu importait. Il y en avait assez pour que tout le monde se sente bien à la fin. Presque tout le monde. Ma mère ne voulait pas y toucher. Elle restait assise là, à nous regarder planer et rêver sans elle. La plupart du temps, elle me regardait, moi. Couché contre le long ventre velouté de T’Gatoi, je sirotais mon œuf en me demandant pourquoi ma mère se refusait un plaisir aussi inoffensif. Elle aurait eu moins de cheveux gris si elle se l’était accordé de temps en temps. Les œufs prolongeaient la vie et la force. Mon père, qui n’avait jamais dit non à aucun, était parvenu à un âge au moins deux fois plus avancé que la normale. Et, sur le tard, quand il aurait dû se trouver ralenti, il avait épousé ma mère et lui avait fait quatre enfants…

Octavia E. Butler
Enfants de sang

5,99 €

Ymir

Ymir est un monde de glace.
De violence et de douleur.
Un monde que Yorick connaît par cœur puisque c’est le sien.
Un monde qu’il déteste.
Et pourtant il lui faut y retourner pour y chasser un monstre.
Un grendel. Une créature des Anciens…
Mais il sait que sur Ymir il y a bien pire que le grendel.
Il y a celui qui lui a arraché la mâchoire vingt ans plus tôt — son frère.
Et sous les glaces d’Ymir, sous la rancœur et la haine, la révolution couve…

Rich Larson est né au Niger. Il a vécu aux États-Unis, en Afrique du Sud, au Canada, en Espagne, à Prague. Entre ses débuts en 2011 et aujourd’hui, il a publié plus de deux cents nouvelles, souvent reprises dans les Year’s Best les plus prestigieux du domaine, et saluées par plusieurs prix de lecteurs. Son recueil La Fabrique des lendemains, paru aux éditions du Bélial’ en octobre 2020, a d’emblée raflé le Grand Prix de l’Imaginaire. À tout juste trente ans, il est le nouveau prodige de la science-fiction anglo-saxonne, le fer de lance d’une littérature post-eganienne qui, distillant les temps présents, synthétise le plus vertigineux des futurs. Ymir est son premier roman traduit en français.

« Ymir s’empare de vous et ne vous lâche plus. » JAMES PATRICK KELLY

23,90 €

Ymir

Ymir est un monde de glace.
De violence et de douleur.
Un monde que Yorick connaît par cœur puisque c’est le sien.
Un monde qu’il déteste.
Et pourtant il lui faut y retourner pour y chasser un monstre.
Un grendel. Une créature des Anciens…
Mais il sait que sur Ymir il y a bien pire que le grendel.
Il y a celui qui lui a arraché la mâchoire vingt ans plus tôt — son frère.
Et sous les glaces d’Ymir, sous la rancœur et la haine, la révolution couve…

Rich Larson est né au Niger. Il a vécu aux États-Unis, en Afrique du Sud, au Canada, en Espagne, à Prague. Entre ses débuts en 2011 et aujourd’hui, il a publié plus de deux cents nouvelles, souvent reprises dans les Year’s Best les plus prestigieux du domaine, et saluées par plusieurs prix de lecteurs. Son recueil La Fabrique des lendemains, paru aux éditions du Bélial’ en octobre 2020, a d’emblée raflé le Grand Prix de l’Imaginaire. À tout juste trente ans, il est le nouveau prodige de la science-fiction anglo-saxonne, le fer de lance d’une littérature post-eganienne qui, distillant les temps présents, synthétise le plus vertigineux des futurs. Ymir est son premier roman traduit en français.

« Ymir s’empare de vous et ne vous lâche plus. » JAMES PATRICK KELLY

11,99 €

Revues - Bifrost - 106

Bifrost n° 106

Au premier anniversaire de la mission, Jasper, encore nu, encore fâché, décrète qu’ils sont piégés dans une simulation.
« Réfléchissez, débiles. » Du plat des mains, il pousse contre le plafond bas en métal, fléchissant ses bras d’os et de tendons. « Le lancement, c’était comme à l’écran, non ? L’énorme grondement, le compte à rebours interminable, l’inversion de gravité. Un véritable film. »
À deux mètres de là, Beatriz est sous perf. Un tuyau sinue jusque dans son poignet tout meurtri ; le cocktail chimique la cloue au matelas en mousse à mémoire de forme. Elle se rappelle le lancement. Un vigile qui kiffait ses tatouages de la Santa Muerte lui a refilé en douce un sandwich au salami, genre ceux qu’elle achetait à la supérette avec sa mère. Elle a vomi ce dernier dîner quand ils sont passés en apesanteur ; il flottait dans la cabine comme un ballon pourri.
Beatriz ne prend plus la peine de répondre à Jasper, sauf quand ils baisent…

Rich Larson
On est peut-être tous des sims

11,90 €

Bifrost n° 106

Au premier anniversaire de la mission, Jasper, encore nu, encore fâché, décrète qu’ils sont piégés dans une simulation.
« Réfléchissez, débiles. » Du plat des mains, il pousse contre le plafond bas en métal, fléchissant ses bras d’os et de tendons. « Le lancement, c’était comme à l’écran, non ? L’énorme grondement, le compte à rebours interminable, l’inversion de gravité. Un véritable film. »
À deux mètres de là, Beatriz est sous perf. Un tuyau sinue jusque dans son poignet tout meurtri ; le cocktail chimique la cloue au matelas en mousse à mémoire de forme. Elle se rappelle le lancement. Un vigile qui kiffait ses tatouages de la Santa Muerte lui a refilé en douce un sandwich au salami, genre ceux qu’elle achetait à la supérette avec sa mère. Elle a vomi ce dernier dîner quand ils sont passés en apesanteur ; il flottait dans la cabine comme un ballon pourri.
Beatriz ne prend plus la peine de répondre à Jasper, sauf quand ils baisent…

Rich Larson
On est peut-être tous des sims

5,99 €

Revues - Bifrost - 104

Bifrost n° 104

Cet hiver, une maladie en Chine dont on parlait au journal de la nuit se changea en pandémie qui se mit à tuer des gens dans le monde entier. Hôpitaux et morgues débordaient. En Europe, on restait chez soi et, quand on sortait, on mettait un masque. En Amérique, certains le mettaient, surtout pour le supermarché. Même si c’était moins classe qu’une énorme éruption volcanique au parc national de Yellowstone, Willie trouvait déjà ça génial. Il suivait les chiffres sur son smartphone. Les écoles fermèrent en avance. Roxie pleura de manquer le bal de fin d’année, mais son frère s’en fichait. Il n’y avait pas de bal de fin d’année en rattrapage.
En mars, Pépé se mit à tousser beaucoup plus, au point de cracher du sang, parfois…

Stephen King
Willie le zinzin

11,90 €

Revues - Bifrost - 104

Bifrost n° 104

Cet hiver, une maladie en Chine dont on parlait au journal de la nuit se changea en pandémie qui se mit à tuer des gens dans le monde entier. Hôpitaux et morgues débordaient. En Europe, on restait chez soi et, quand on sortait, on mettait un masque. En Amérique, certains le mettaient, surtout pour le supermarché. Même si c’était moins classe qu’une énorme éruption volcanique au parc national de Yellowstone, Willie trouvait déjà ça génial. Il suivait les chiffres sur son smartphone. Les écoles fermèrent en avance. Roxie pleura de manquer le bal de fin d’année, mais son frère s’en fichait. Il n’y avait pas de bal de fin d’année en rattrapage.
En mars, Pépé se mit à tousser beaucoup plus, au point de cracher du sang, parfois…

Stephen King
Willie le zinzin

 

Attention : seule les formats ePub et mobi proposent les articles exclusifs à la version numérique.

5,99 €

Revues - Bifrost - 102

Bifrost n° 102

Seules subsistaient la poussée démentielle de la chute, la mer, le ciel, la mer, tout près, le vent hurlant, pendant que l’avion tournoyait cul par-dessus tête et que les hommes cherchaient à s’extirper de leur harnais pour sauter par les trous des portières ou celui de l’aile arrachée. Coincé dans ce manège de cauchemar, Walt ne pensait qu’à une chose : il avait entendu dire que la mer était aussi dure que du béton quand on y tombait. Ça, et le fait qu’il ne voulait pas mourir. Ça, et la nécessité de la chance. Un instant d’apesanteur, des globules de sang flottant alentour — le corps du copilote transpercé par une lance de métal. Walt ne pouvait rien pour lui. Il s’était hissé sur l’immense hauteur de l’appareil désemparé en luttant contre une poussée dont le brusque gauchissement l’avait projeté vers l’ouverture béante. Ça ne l’avait pas empêché de rester coincé parmi les tuyaux tordus, quasi incapable de respirer, prisonnier des forces de la chute. Alors lui était venue la pensée — celle qui avait sans doute traversé l’esprit de milliers d’aviateurs dans des moments pareils — qu’il aurait donné n’importe quoi, absolument n’importe quoi pour leur échapper.
Pour que la chance ne l’abandonne pas…

Ian R. MacLeod
La Viandeuse

5,99 €

Revues - Bifrost - 102

Bifrost n° 102

Seules subsistaient la poussée démentielle de la chute, la mer, le ciel, la mer, tout près, le vent hurlant, pendant que l’avion tournoyait cul par-dessus tête et que les hommes cherchaient à s’extirper de leur harnais pour sauter par les trous des portières ou celui de l’aile arrachée. Coincé dans ce manège de cauchemar, Walt ne pensait qu’à une chose : il avait entendu dire que la mer était aussi dure que du béton quand on y tombait. Ça, et le fait qu’il ne voulait pas mourir. Ça, et la nécessité de la chance. Un instant d’apesanteur, des globules de sang flottant alentour — le corps du copilote transpercé par une lance de métal. Walt ne pouvait rien pour lui. Il s’était hissé sur l’immense hauteur de l’appareil désemparé en luttant contre une poussée dont le brusque gauchissement l’avait projeté vers l’ouverture béante. Ça ne l’avait pas empêché de rester coincé parmi les tuyaux tordus, quasi incapable de respirer, prisonnier des forces de la chute. Alors lui était venue la pensée — celle qui avait sans doute traversé l’esprit de milliers d’aviateurs dans des moments pareils — qu’il aurait donné n’importe quoi, absolument n’importe quoi pour leur échapper.
Pour que la chance ne l’abandonne pas…

Ian R. MacLeod
La Viandeuse

11,90 €

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