Canopus dans Argos : Archives - 1
Shikasta
(Canopus in Argos: Archives. Re:Colonised Planet 5. Shikasta, 1979)
Ceci est l’histoire d’un monde qui pourrait être le nôtre. Depuis l’instant où apparaît la vie sur cette planète bleue, dans la moiteur des mares et des étangs, jusqu’au moment où le feu nucléaire menace d’emporter la civilisation qui a fini par se développer, voici contée l’histoire de Shikasta, jadis riche et florissante, désormais stérile, inhospitalière, « blessée à mort » ? mais qui ne demande qu’à renaître. Shikasta ? Un monde sur le berceau duquel se sont penchés deux empires galactiques antagonistes, Canopus et Sirius, qui s’en sont partagé les terres pour chacun de son côté y conduire des expériences évolutionnaires. Et c’est du point de vue des émissaires de Canopus, venus rendre compte des résultats de ces manipulations à l’échelle d’une planète, que va nous être narré le destin tragique de l’humanité ? celle de notre Terre. Au fil d’une édifiante succession de textes de formes diverses ? rapports, lettres, documents d’archive, journaux intimes de shikastiens), se réécrit sous nos yeux le (véritable ?) récit de l’aventure humaine, les tâtonnements, accomplissements et erreurs d’une espèce faillible guidée sans le savoir par des puissances qui la dépassent ; des puissances dont la rivalité risque de mettre un terme prématuré à l’expérience Shikasta... Si Doris Lessing avait initialement prévu d’offrir avec Shikasta un récit auto-suffisant, une sorte d’histoire secrète de l’humanité, le concept de civilisations extraterrestres suffisamment avancées pour influer sur le destin d’une planète entière l’a fascinée au point qu’elle est ensuite revenue à quatre reprises dans l’univers de Canopus dans Argo. Si le cycle revient à l’occasion sur le sort de notre planète (en l’abordant d’autres points de vue), l’auteure se penchera surtout sur de nouveaux mondes à divers stades de développement social et technologique ? chaque roman se répondant l’un l’autre, tout en explorant de nouveaux territoires interstellaires ; au point que la série forme un genre de tapisserie s’étalant sur des millénaires. Brassant avec talents le mythe, la fable et l’allégorie, fortement inspirée par le soufisme, Doris Lessing signe avec Canopus dans Argo : archives ? qu’elle considérait comme un des sommets de son œuvre littéraire ? un véritable opéra spatial questionnant la nature même de ses congénères, leur rapport à des notions aussi fondamentales que la relation à autrui, la politique, la mortalité ou la transcendance.
Shikasta est à la fois une brève histoire du monde, un brûlot contre les instincts mortifères de l’humanité, une ode aux beautés qu’on trouve sur cette Terre et un hymne à la musique des sphères.
Revue de presse
« La galaxie est partagée entre divers empires et autant de prodigieuses civilisations, dont ceux de Sirius et de Canopus, voués au bien, mais aussi celui de Putiora et de sa planète damnée, Shammat, incarnant le mal absolu. Ils s’affrontent au travers des influences néfastes ou bénéfiques qu’ils exercent sur les mondes et les civilisations qu’ils y font apparaître. Quant à Shikasta, c’est bien sûr de notre Terre qu’il s’agit… Quand Canopus entreprend le développement de Rohanda, c’est un monde qui dispose d’un potentiel fabuleux et possède tous les atouts pour devenir l’un des fleurons de l’empire du bien. Canopus y importe des géants vivant plus de dix mille ans chargés d’éduquer les primitifs indigènes qui commencent tout... » Bifrost