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Fondation en péril (VO)

L'idée d'une nouvelle trilogie des Fondations est née dans l'esprit de Janet Asimov, veuve de Isaac Asimov, et Ralph Vicinanza, son légataire testamentaire. Greg Benford, contacté pour écrire le premier tome, a participé au choix des auteurs des deux prochains volumes : Foundation and Chaos de Greg Bear et Third Foundation de David Brin.

Si l'idée d'une nouvelle trilogie sur le thème des Fondations sent un peu le réchauffé, le choix des auteurs ne peut que vaincre les résistances des moins convaincus. Benford, Bear et Brin partagent plus que la même initiale : ils appartiennent tous trois au courant de la « hard » Science-Fiction qui met en valeur l'aspect scientifique de la S-F, et on leur doit à eux trois certains des plus remarquables fleurons du genre. Benford, Professeur de physique à l'Université de Californie, chercheur en astrophysique et conseiller auprès du Département à l'Énergie et de la NASA, donne le ton : la nouvelle trilogie sera scientifiquement solide ou ne sera pas.

Foundation's Fear traite du passage de Hari Seldon, père de la Psychohistoire, sur le devant de la scène politique galactique. Seldon, qui travaille encore à sa théorie de prédiction générale, se voit proposer le poste de Premier Ministre par l'Empereur, au grand dam des autres candidats qui le prennent pour cible mouvante.

Seldon partage la vedette de Foundation's Fear avec deux intelligences artificielles construites sur le modèle de Jeanne d'Arc et Voltaire et qui, amenées illégalement sur Trantor pour les besoins d'un débat où elles doivent représenter respectivement la Foi et la Raison, n'en font qu'à leur tête et s'enfuient dans le cyber-espace pour filer le parfait amour.

Le thème des robots, introduit dans l'univers des Fondations par un Asimov désireux de joindre ses deux grandes sagas, est naturellement présent dans Foundation's Fear. Les robots, menés par R. Daneel Olivaw, veillent dans la clandestinité la plus absolue à la survie de l'Empire et au bien-être de l'humanité, cependant qu'une forme inférieure de vie mécanique, les Tictocs, main-d'oeuvre intergalactique, sèment la pagaille dans l'économie impériale en refusant de travailler.

Benford nous offre, avec Foundation's Fear, une excellente interprétation de l'univers des Fondations. Les fidèles s'y plongerons avec délice et noteront les touches personnelles de Benford qui s'attache à éclaircir quelques points restés flous, tels l'absence d'extraterrestres dans la galaxie, les modalités du voyage interstellaire ou les méthodes de communications impériales. Quant à ceux qui n'ont pas lu le reste des Fondations (il serait cependant dommage de s'en priver), qu'ils se rassurent : Foundation's Fear se suffit à lui même. Benford alterne action et narration avec un remarquable brio, le tout mené sur un rythme envoûtant.

Excession (VO)

Excession est le très attendu cinquième roman du cycle de la Culture de Iain M. Banks. Un cinquième volet qui vient de rafler le prix BSFA 1997 qui récompense, lors de la EasterCon, le meilleur roman de S-F anglais.

Près de 200 ans après la guerre contre les Idirans, la Culture doit faire face à une crise grave : l'apparition soudaine d'une Excession, nom donné à un élément inconnu mais soupçonné d'être excessivement puissant, agressif ou impérialiste. Dans la crainte de se trouver face à un « Problème Extérieur au Contexte » (situation que chaque civilisation risque de rencontrer à l'approche de sa chute, de la même façon qu'une phrase rencontre son point final), le « Gang des Époques Intéressantes » se réunit. Groupe de vaisseaux mythique et mystérieux, si le Gang tente de résoudre la crise, il s'attachera surtout à comploter de manière à tirer profit de la situation…

Excession est construit comme un puzzle, chaque pièce prenant la forme d'une histoire individuelle confrontée à la crise provoquée par l'Excession. Ainsi Dajeil Gelian, enceinte depuis 40 ans et toujours peu décidée à accoucher, qui doit quitter le vaisseau qu'elle habite depuis des années… Genar-Hofoen, contraint de fausser compagnie aux Affronts auprès desquels il est ambassadeur… Ces dits Affronts, les plus cruels et répugnants alliés de la Culture, qui veulent trouver le moyen d'abuser de la situation… Ulver Seich, enfin, contraint de partir en mission et d'abandonner ses amants et admirateurs…

Tous ces personnages se croisent, se séparent et se retrouvent, tissant la trame du roman à part égale avec les vaisseaux, véritables personnages à part entière qui conversent, agissent, etc, Banks allant même jusqu'à nous décrire comment ils occupent leurs loisirs. Excentriques ou raisonnables ils sont tous affublés de noms mémorables tel le « Descend-les Plus Tard », « l'Attente de l'Arrivée d'un Nouvel Amant » ou encore le « Zone d'Ombre » dit « Baiseur de Viande ».

En altérant une loi physique grâce à la métamatique, les vaisseaux imaginent de nouveaux univers qu'ils se contentent d'observer ou avec lesquels ils jouent. Lorsqu'ils ne sont pas en mission, les esprits des vaisseaux vivent dans ces fantastiques réalités virtuelles, géographies multi-dimensionnelles produit de leurs imaginations illimitées. Ces endroits portent un nom : le Pays du Plaisir Infini.

Près de dix ans se sont écoulés depuis l'écriture du premier volume du cycle de la Culture ; cinq depuis le dernier. Ceci explique sans doute le changement de ton dans la voix de l'auteur : son style est plus rigoureux, d'autres diront plus sec. On peut regretter l'humour des premiers volets mais on ne s'ennuie pas une minute : l'imagination, l'énergie, répondent toujours et incontestablement présent.

Lire également la critique d'Excession de Jean-Pierre Lion dans Bifrost 10.

Remake

J'avais jusqu'ici une assez piètre opinion de Connie Willis. Son précédent opus (Prix Hugo, tout de même !) n'était autre que Le Grand Livre, assez pénible exercice de style prétextant d'un voyage dans le temps d'une étudiante (qui plus est en mauvaise santé) au bon temps de la Peste Noire, pour nous imposer des pages et des pages d'une chronique certes détaillée et lacrymale à souhait de l'agonie d'un petit village médiéval anglais. Le résumé en quatrième de couverture de Remake sous-entendant la possibilité d'un nouveau voyage dans le temps, c'est avec une angoisse non dissimulée que j'amorçais ma lecture.

Et bien non ! Voilà Connie Willis métamorphosée en une espèce de Pat Cadigan (grande prêtresse du cyberpunk), à ceci près qu'en ce qui la concerne, elle, on comprend ce qu'elle raconte. À savoir ce qui pourrait arriver si tous les films pouvaient être trafiqués à volonté par les studios propriétaires des droits. Ce cauchemar pour cinéphile, tout à fait d'actualité, va se focaliser sur ce cher Fred Astaire. Nous sommes donc en 2020 et quelques, partageant à travers le narrateur l'activité fébrile des nouveaux studios hollywoodiens : remplacer le visage d'une actrice célèbre par la dernière maîtresse du producteur, insérer un touriste adipeux dans la scène d'action de son film favori, se disputer les droits d'exploitation de l'image d’un acteur décédé depuis plusieurs années. Et voilà que débarque Ails, un minois hors du commun, prête à coucher avec personne et souhaitant vraiment danser dans des comédies musicales désuètes. Flanqué d'Heada (ou tout au moins, c'est le nom que lui donne le narrateur — qui surnomme toutes ses connaissances au regard des personnages historiques d'Hollywood et de leurs rôles typiques), le héros se met en devoir de décevoir la belle. Qui disparaît… pour réapparaître selon un procédé inconnu dans les plus grands classiques de la comédie musicale américaine.

Connie Willis remplie parfaitement son contrat avec une analyse prospective réussie, même si, selon moi, elle néglige le besoin de réalité sous-jacent à tout phénomène de starisation. Même si les acteurs du passé deviennent à nouveau disponibles (et ce sera le cas en 98/99 avec Avatar James Cameron, où Bogart devrait faire une apparition criante de vérité), il y aura des gens pour croire en la possibilité d'un contact humain avec l'objet de leurs fantasmes. De même, croire que les gens cesseraient d'apprendre physiquement à danser, sous prétexte qu'ils peuvent voir des clones informatiques le faire, paraît plus que limite.

En tous les cas une plongée agréable dans un futur virtuel très proche du à moins d'être foncièrement allergique à la comédie musicale, bien sûr.

Opération Cay

Opération Cay comblera les lecteurs assoiffés d'aventures spatiales intelligentes, simples, efficaces et sensibles. McMaster Bujold (triple prix Hugo) met en scène, avec maîtrise, le personnel administratif d'une station spatiale expérimentale ayant créé une race de mutants humains dotés de quatre bras (les deux supplémentaires remplaçant les jambes), spécimens idéaux pour le travail de force en apesanteur, mais pitoyables handicapes lorsqu'il s'agit de se déplacer sur une planète. Manque de chance pour les sympathiques créatures, dociles et corvéables à merci grâce à la compétence du service éducatif de la compagnie, leur exploitation s'avère moins rentable que prévu. Heureusement, Léo Oral, bon samaritain spécialisé dans la soudure spatiale, va tenter de voler à leur secours…

Bref, il n'y a vraiment pas grand chose à dire, sinon qu'il s'agit d'un récit classique, débordant de bons sentiments et d'un optimisme presque primaire, sans aller pour autant jusqu'à la naïveté.

On précisera pour finir que si Opération Cay est bel et bien l'un des premiers romans de Bujold, il s'inscrit toutefois dans le cycle de Miles Vorkosigan : en effet les événements narrés se situent dans le lointain passé du héros susnommé.

Vurt

La nouvelle de la traduction du premier roman de Jeff Noon a plongé l'ensemble des connaisseurs dans l'enthousiasme. Noon, détenteur du prix Arthur C. Clarke du meilleur jeune auteur, est en effet le premier des nouveaux romanciers anglais à atteindre nos rivages. Un univers complexe, abracadabrant, mais miroitant et baroque est à présent à la portée des francophones.

Vurt est fortement inspiré par Alice au pays des Merveilles de Lewis Caroll. On saurait trouver des inspirations plus médiocres… Le roman raconte l'odyssée de Scribouille, membre mélancolique d'une bande d'accros au Vurt, sorte de drogue virtuelle dont le véhicule est habituellement une plume d'une coloration codée en fonction du style de rêve que vous voulez faire et du niveau de danger et d'illégalité qu'il implique. On peut aussi s'offrir un trip en se payant une tranche (au sens propre) d'une créature échappée du Vurt — qui s'avère être ici une autre dimension. Ça commence à se compliquer ? Heureusement, les conseils du Chat Stratège sont là pour guider les adeptes emplumés - et les lecteurs égarés : pratiquement parlant, une scène un peu obscure est rapidement suivie du commentaire éclairé du Chat, figure emblématique de ce Manchester déjanté.

Vurt procure un véritable sentiment de dépaysement et de nouveauté. Il engendre également une confusion certaine. Dans la troisième partie, Noon ajoute à son cocktail fleurant bon le champignon magique quelques débordements scatologiques et zoophiles… amusants. La descente est dure, parce que l'intrigue et ses rebondissements, une fois débarrassés de leur habillage étincelant, manquent un peu d'épaisseur et de maîtrise. Quant à la chute, c'est celle de De l'autre côté du miroir, toujours de Lewis Caroll. J'ai enfin de légers doutes concernant la qualité de la traduction, mais ce n'est probablement qu'une question de détails, et la complexité de la tâche mérite quand même bien des égards vis à vis de Michèle Albaret.

Quoi qu'il en soit, Vurt demeure un choc salutaire, démontrant l'étendue des possibilités dramatiques des littératures de l'Imaginaire d'aujourd'hui. On espère donc que les auteurs (les éditeurs ?) francophones y verront un encouragement de à dépasser les limites de leur fantaisie. Évidemment de tels romans ne vont pas faciliter le travail des colleurs d'étiquette (Fantasy ? Cyberpunk ? Post-Cyberpunk ?).

Signalons que Vurt connaîtra une suite en 95, Pollen, dans laquelle Jeff Noon change radicalement de point de vue en nous plaçant cette fois dans la peau d'une ombre-policière enquêtant sur le meurtre d’un chauffeur de taxi homme-chien — et du même coup sur une étrange invasion de pollen allergène. À saluer et à suivre…

Johnny et la Bombe

La série des Johnny est sans conteste l'une des plus belles réussites de Terry Pratchett. À l'origine des romans publiés pour la jeunesse, les aventures de Johnny « Pourquoi moi ? » Maxwell sont des trésors de badineries, de satire sociale et de lucidité. Débordant de bonne volonté, le petit Johnny va s'attaquer au génocide (présenté sous les dehors d'un jeu d'arcade) dans Tu es le sauveur de l'Humanité), puis à la corruption d'une municipalité (Johnny et les morts), pour en arriver au temps, au destin et aux préjugés d'une époque (de deux époques…) dans Johnny et la bombe. L'horreur de la guerre semble d'ailleurs servir de fil rouge à cette trilogie.

Mi chronique de la vie d'une bande de gamins d'une banlieue socialement sinistrée anglaise, mi aventure spatio-temporelle échevelée au temps du blitz, le roman se dévore sans effort et avec délectation. Simplicité du langage, humour caustique, personnages superbement croqués, sens de l'anecdote et pouvoir dramatique superbe. On notera au passage une conception du temps entre Fantastique et métaphysique (les sacs remplis de temps l'ouverture progressive du héros à une conscience de l'écoulement du temps différente de la sienne). Bref, sans chercher à être un chef-d'œuvre, Johnny et la bombe est quelque chose de bien sympathique, à lire et à partager.

Number Nine

Vous aimez l'horreur gratuite et cradingue et vous n'êtes pas trop regardant quant à l'intrigue et surtout pas vis à vis de la vraisemblance scientifique : jetez-vous sur ce roman !

Number Nine fut précédé d'une réputation élogieuse : un futur dystopique — imaginez que toutes les centrales atomiques françaises nous fassent leur petit Tchernobyl les unes après les autres… Fatiguées de déporter les populations irradiées (toujours selon le modèle russe), les autorités françaises se sont contentées de les cantonner sur leurs lieux d'habitation en attendant que les victimes crèvent à petit feu. L'histoire de Number Nine commence à la question, que va-t-on bien pouvoir faire des corps ? Et là, les choses se gâtent…

Brûlez un corps irradié et vous obtiendrez des cendres et des poussières radioactives aussi nocives, aimablement dispersées par le vent. À éviter. Faites bouffer le même corps par un gros chien et vous obtiendrez un gros chien radioactif, de l'urine, des crottes et des poils radioactifs. Pas terrible non plus. Mais si un ingénieur généticien avait le pouvoir de créer un être capable de supprimer la radioactivité (par quel miracle digestif ???), le problème des irradiés ne se poserait simplement pas. Voici donc la solution…

La vraisemblance scientifique étant définitivement exclue de notre propos, reste l'intérêt de la fable elle-même. Passons sur la peinture assez rapide de l'état-nation déliquescent, (chômage quasi général, inflation galopante, perversité des élites, crimes et trafics impunis…). S'improvisant maître-chien-nécrophage, le héros plaque son boulot à la première occasion pour les beaux yeux d'une inconnue sans l'ombre d'une hésitation… Laquelle inconnue a pour talent principal la castration de ses amants, nombreux évidemment (trois, quatre ?). Très persuasive, elle est capable d'obtenir d'un ingénieur en manipulation génétique une bestiole sur mesure valant plusieurs millions de dollars, simplement en échange de ses charmes (incroyable ce que l'on arrive à faire avec quelques formes raisonnablement proportionnées). Ainsi voilà donc pour l'histoire.

Number Nine est une déception. Un autre de ces épanchements cathartiques identifiables dès les premières descriptions d'une société enfermée dans des faux choix (« brûlé ou dévoré »), confirmé par la passivité absolue du héros manœuvrable à merci, définitivement entériné par la première fellation castratrice — un fantasme si évident qu'il en deviendrait presque le stigmate naturel de ce genre de récit. Mais Number Nine est aussi le premier roman d'un jeune auteur : toute cette énergie, cette force mieux dirigée et no aveuglée par un pessimisme de surface aurait pu frapper là où ça aurait vraiment fait mal. Cela viendra peut-être…

Les Paradis piégés

La Grange est un petit paradis automnal où David, le benjamin des Thyrianns faiseurs d'automates, a passé toute son enfance. Amoureux de sa grande sœur Joanna, orphelin de mère, il vient d'obtenir le droit de passer la Porte d'Or, et de voyager à travers les autres mondes. Le principe est relativement simple : une fois franchie la porte, on se retrouve dans la peau d'un autre, un avatar intégré au décor. Pour repartir, la matriochka (poupée gigogne russe servant d'emblème aux Thyrianns) guide son porteur jusqu'à la porte de sortie selon le principe bien connu du « froid tu n'y es pas, chaud tu y es presque ». Bien évidemment, les choses vont se déglinguer progressivement. On songe notamment à l'extraordinaire Congrès de futurologie de Stanislas Lem, qui fait lui aussi appel aux réalités gigognes.

Les paradis piégés tombent cependant dans le piège, justement, des références virtuelles. À situer les aventures de son héros dans des univers « revampés » d'un film (Casablanca), d'un dessin animé (la version Walt Disney d'Alice aux pays des merveilles) et d'un un camp de concentration, Canal perd le bénéfice de l'originalité de son roman. En faisant appel à une notion limitée de la virtualité, à savoir des univers clos au lieu de mises en réseaux, ainsi qu'à la folie de l'un de ses protagonistes, Canal perd en épaisseur et en pertinence de propos au fur et à mesure que le récit se transforme en jeu de massacre sadomaso (il est plus aisé de mettre en scène des timbrés que de véritables ennemis). Autre problème, les faiseurs de Paradis virtuels sont des démiurges absolus. Comment pourraient-ils perdre le contrôle de leur monde ou se trouver pris au dépourvu face à un envahisseur, équipés comme ils le sont d'outils informatiques d'une telle perfection ? Enfin le dénouement déçoit par sa platitude et son manque d'ouverture — les couleurs du virtuel étant plus éclatante que celle de la réalité mise en scène, le retour sur terre ne paie pas. D'autant que cette portion de l'univers des Paradis est à peine développée et l'analyse prospective plutôt légère.

Si Canal ne manque pas de métier, j'aurais pour ma part préféré que sa Porte d'Or menât vraiment vers d'autres mondes, que ses Paradis en fussent de véritables et que les pièges eussent été bien réels et plus subtils.

Le Bois Duncton

 

Imaginez un lourd volume de 700 pages, consacré aux amours contrariés de… deux taupes ! Voilà qui en ferait hésiter plus d'un, non ? Eh bien, celui-là aurait tort et il raterait, croyez-le bien, une expérience exceptionnelle valant largement l'investissement en temps et en argent que Le bois Duncton implique.

Parce qu'il est très facile de s'identifier aux habitants des réseaux souterrains de la colline d'Uffington. Parce que le déclin de la paix et du droit au sein de cette cité des Taupes après le coup de force de Mandrake produit un sentiment égal au spectacle de toutes les communautés humaines frappées par les putschs, la guerre civile ou la main-basse mafieuses. Parce que l'amour d'une guérisseuse prodigué à ses patients, la ferveur désespérée d'un vieux sage, l'élan dévorant pour le savoir d'un jeune héros, le malheur accablant une jeune mère, les manigances de basses politiques tout ça et bien d'autres choses forment un kaléidoscope d'émotions surpuissantes capables de vous émouvoir aux larmes.

Certes, c'est un peu long sur la fin et ça manque un tantinet d'humour. Ce qui n'empêche pas Le bois Duncton, par certains aspects, de rivaliser avec Le Seigneur des Anneaux. Une véritable découverte pour le lecteur francophone et un nouveau coup de maitre pour les éditions de l'Atalante.

Billet sans titre

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