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La Mâchoire du dragon

 

« – Nous sommes bientôt arrivés, chuchota Lætitia. Trois pas, un coude du couloir.

Et l'abîme s'ouvrit devant eux. Alex eut d'abord la vision d'un immense ciel noir,  énorme, dévorant, percé d'étoiles.

Puis du vide sans fin sous ses pieds, avec loin, très loin en face, un mur métallique courbe strié de lignes et de miroirs.

Puis il vit une forme blanche immaculée, au fond de l'abîme, avançant lentement vers l'obscurité. »

Décidément une rentrée S-F exceptionnelle que celle qui voit aujourd'hui, avec la nouvelle collection « Polar SF » au Fleuve Noir, les auteurs francophones s'arracher de la gravité écrasante du roman d'anticipation classique à la française (tout dans le style, rien dans l'intrigue j'exagère un brin, quoique…), rivaliser avec les auteurs anglo-saxons, voire même en dépasser un bon nombre. Le fait que les auteurs de La mâchoire du dragon (deux regroupés sous un pseudonyme) — et le directeur de collection, Jean-Claude Malle, si je ne m'abuse — soient en fait des traducteurs des fameuses séries monothématiques qui ont envahi encore très récemment nos librairies (Star Trek, Royaumes Oubliés, Shadowrun) explique peu être la nouveauté de leur approche.

Alex Green, tout jeune inspecteur frais émoulu de l'académie de Police découvre la pratique en prenant la tête d'une petite équipe au cours d'un enquête sur la défenestration d'un extraterrestre nommé John Lennon. En 2341 (peut-être un petit peu trop loin dans le futur, non ?) la Terre a en effet été contactée par la Fédération Galactique — et soigneusement tenu à l'écart : reléguée comme planète touristique et interdite de technologie interstellaire. Bref, un pays tiers-mondiste d'aujourd'hui, niveau de vie mis à part. Trois races extraterrestres sont installées sur la planète. Les Shivas à quatre bras et aux yeux globuleux, des touristes impénitents profitant du cours ridicule du dollar vis à vis des monnaies galactiques pour tout acheter ; les Echidnédésius, surnommés « ratons » et qui font, quant à eux, de petites affaires sur place, montant des superettes, important des produits galactiques ; les Hittites, à l'apparence humaine, qui régissent les rapports diplomatiques de la Terre avec la Galaxie.

L'enquête de l'inspecteur Green est bien ficelée, émaillée de détails prospectifs sonnant juste (les realvir, emprunté au Cyberpunk, le télétravail appliqué à la police, etc.), le tout laissant une impression durable chez le lecteur. Aucun doute, c'est du bon. Longue vie, donc, et constance à G. Elton Ranne, c'est tout le mal qu'on puisse lui souhaiter.

Les garçons sous la pluie

 

« La main de Dieu a touché Gerald Greyson et l'a rappelé à lui au sein de notre troupeau, entonna le pasteur avec toute la conviction requise. Mais la bonté qui est l'essence de Gerald Greyson… sera toujours parmi nous !

La musique d'orgue était presque insupportable. Quand les vagues sonores atteignirent leur crescendo, un homme écarta les rideaux et s'avança.

– Papa ! hurla Rita. »

La grande prêtresse du Cyberpunk est également une nouvelliste surdouée au registre impressionnant, passant successivement de l'épouvante intimiste au biscornu cybercomique, de l'horreur sordide à la grâce mystique.

Ainsi « Résurrections, prix raisonnables », l'un des sommets du recueil, rappellera par son ambiance « décalée » aux amateurs d'Aux frontières du réel, l'épisode-culte « Faux frères siamois ». Autres textes parmi les plus dérangeants, « La Poupée », ou que faire quand votre bébé a été remplacé par une affreuse chose en plastique, et « L’Étang », ou quand votre fille adore jouer près de l'endroit que vous haïssez le plus au monde… En revanche, Cadigan nous égare à nouveau dans son style cérébral « un-rien-prise-de-tête » avec « Le pouvoir du nom », ce qui n'exclut pas, après tout, que d'aucuns y trouvent un certain intérêt. Intrigues faibles, aussi, avec l'onirique « Les garçons sous la pluie » et l'apocalyptique « Vivre et mourir un peu », la fascination pour les ambiances l'emportant sur l'intérêt des histoires. Restent le très étrange remake du Roi pêcheur version Urgences, « Un pacte avec Dieu », plus confus que la légende originale ; l'amer « Dans le noir » où deux petits enfants se voient offrir (croient se voir offrir) une occasion sur laquelle bons nombres d'esprits médiévaux eussent, en leur temps, sauté à pieds joints… ; enfin le superbe et fulgurant « Une nouvelle vie ».

Bref un recueil sensible et réussi pour sa majeure partie : un très agréable moment en perspective pour vous autres, très chers lecteurs !

La Quête onirique de Kadath l'inconnue

 

« … Mais les rêveurs avisés savent qu’il s'agit des portes d'une monstrueuse cataracte par laquelle les océans de la province onirique de la Terre s'épanchent dans le néant abyssal et foncent à travers les espaces déserts d'autres mondes, d'autres étoiles, mais aussi vers les vides effrayants situés hors de l'univers organisé…»

Pas encore tombé dans le domaine public, The dream-quest of unknown Kadath fut initialement traduit sous le titre À la recherche de Kadath (in Démons & Merveilles - 10/18). Voici donc une nouvelle traduction, signée Arnaud Mousnier-Lompré, du voyage halluciné de Randolf Carter, aventurier des fameuses Contrées du Rêve.

Obsédé par le souvenir de Kadath, une cité lumineuse dont la perfection ne peut qu'abriter les descendants d'un dieu, Carter fait alliance avec les chats et les goules d'une terre mystique pour retrouver les indices indispensables à l'accomplissement de sa quête.

Sur une trame plutôt mince, Lovecraft se lance dans une accumulation assez fabuleuse de descriptions de lieux, de peuples, de monstres, de légendes et d'ambiances à la fois sombres et rutilantes. La Quête onirique de Kadath l'inconnue est donc à classer davantage dans les voyages fantastiques que dans l'épouvante horrifique habituelle du reclus de Providence. Il est dommage que, pour la circonstance, le Maître n'ait pas choisi de développer davantage l'intrigue, multiplier les personnages et leurs interactions ou choisi une narration plus spectaculaire, moins monotone.

À lire donc, en se concentrant sur les décors… Noter que l'on peut retrouver trois autres nouvelles vouées à l'exploration des Contrées du rêve dans Les Autres Dieux, le volume 68 de la collection «Librio» (livres à 10F).

Le Temple du passé

 

« Il leva les yeux vers la main ouverte dont chaque doigt aux proportions de colonne de temple semblait montrer une constellation dans le ciel.

Il entendit alors une voix chuchotée, une voix énorme et voilée, comme articulée par une bouche ayant les proportions de l'espace. Et cette voix disait : Ne crains pas. »

Curieuses rééditions, à 45 Francs le volume écrit très gros, à l'heure où parait l'intégrale de Stefan Wul chez Lefranc. Trois (très) courts romans donc — dont deux parmi les plus célèbres et les plus réussis — de Stefan Wul alias Pierre Pairault, dentiste de son état, l'un des maîtres absolus de la science-fiction francophone des années 50. Ses atouts ? Une écriture imagée, des intrigues astucieuses, une narration spectaculaire et rythmée orchestrant des romans à chute.

Dans Le Temple du passé, les survivants d'un équipage écrasé en terre étrangère tentent par tous les moyens d'échapper à un destin assez atroce, le résultat de leurs tentatives successives réservant bien des surprises au lecteur. Piège sur Zarkass conte quant à lui la mission de deux espions terriens sur une planète luxuriante sous protectorat ennemi. Là encore plusieurs rebondissements valant leur pesant de cacahuètes. La Mort vivante est le plus tardif et le plus faible (de loin…) des trois textes : un ingénieur en biogénique tente la résurrection d'une morte sur une Terre polluée et cauchemardesque. Semble tout droit sorti d'un mauvais rêve inspiré par une réinterprétation assez rapide et lourdingue du mythe de Frankenstein. En seulement cinq ans d'écriture - une activité annexe faute d'être suffisamment rémunérée, Wul avait-il épuisé son inspiration ? Aujourd'hui à la retraite, il n’envisage aucun retour à la science-fiction.

La Grande Anthologie du Fantastique

 

Initialement parue en dix volumes, entre 1978 et 1981 chez Pocket, les éditions Omnibus rééditent en trois gros bouquins (155 FE pour plus de 1000 pages par tome) La Grande Anthologie du Fantastique. Le second volet venant juste de paraître, l'occasion était trop belle pour ne pas vous en toucher quelques mots.

Déjà un must il y a quinze ans, cette nouvelle édition vaut assurément le détour à plus d'un titre. La qualité des textes qui y sont présentés est, dans la plupart des cas, irréprochable. Il suffit pour s'en convaincre de jeter un œil au sommaire, à la profusion des auteurs proposés — majoritairement des anglo-saxons et des français, il y a là aussi des russes, des italiens, etc., le tout balayant près de deux siècles de créations littéraires. D'autre part la présente anthologie a été considérablement enrichie, passant des cent dix-sept textes de l'édition Pocket à cent soixante-deux, abordant donc des auteurs publiés entre la première et la seconde édition.

Les notes et notices ont aussi gagné en importance. On se référera notamment aux biobibliographies de chaque auteur, aux sources extrêmement détaillées des anthologistes, ou encore aux essais qui viennent compléter chaque volume (dans le second tome en question, Jacques Goimard y signe une étude remarquable de près de soixante pages). On pardonnera aisément, au vu de pareille qualité, le choix de faire se succéder les nouvelles parfois sur la même page, vraisemblablement dans un souci de gain de place.

Bref et au risque de se répéter, La Grande Anthologie du Fantastique est plus que jamais un must, un incontournable pour toute bibliothèque digne de ce nom.

Les Esclaves de Gor

 

« Oui ! Oui ! criai-je. Je suis femme !

Je restai immobile sur le rocher, au soleil, près du torrent rapide, les bras levés, les yeux fermés. Puis, ouvrant les yeux, je découvris l'azur des cieux.

– Oui ! Oui ! Oui ! criai-je aux cieux de Gor, aux étoiles et aux planètes. J'ai envie d'un Maître ! J'ai envie d'un Maître !

– Remets-toi au travail ! ordonna le gardien. »

Le roman à offrir à votre copine si vous voulez lui faire haïr la science-fiction. Un succès éditorial réédité sans trêve par J'ai Lu. Difficile à critiquer sans verser dans une certaine vulgarité, dont l'absence nuirait toutefois à restituer l'atmosphère de ce chef-d’œuvre du bondage.

Résumons. Elinor Brinton, la pétasse absolue américaine, nantie et stupide, se découvre au sortir de la douche une marque au fer rouge sur la cuisse. Plutôt que d'appeler la police ou son esthéticienne au secours, Elinor décide d'aller toute seule comme une grande directement au point P pour l'enlèvement par les extraterrestres de la planète Gor.

Loin d'être petits, gris et imberbes, ceux-ci se révèlent des mâles, des vrais. Là-bas, Elinor va apprendre au fouet les devoirs de toute femme : servir l'homme et pas en sauce.

 C'est bien écrit ; aucune bassesse n'est épargnée à cette bonne Elinor : s'acharner sur les nouvelles venues, ramasser à quatre pattes les bouchées de viande qu'on lui lance, changer d'avis toutes les trois pages, mentir, voler, trahir, et attendre presque 400 pages avant qu'un homme ne lui accorde ce qu'elle réclame à corps et à cri à qui veut l'entendre.

En fin d'ouvrage on se prend à admettre que, finalement, une débile de ce genre n'a que ce qu'elle mérite, et qu'il existe sûrement des femmes à qui un pareil traitement conviendrait — chose curieuse, les lectrices ne sont pas du même avis.

Au second degré, on peut en rire.

Au troisième, on se dit que le plaisir pris par le lecteur (et un auteur) d'un tel ouvrage écrit d'un bout à l'autre à la première personne du singulier — n'est pas sans rappeler certains plaisirs victoriens. Alors, cher lecteur, partant pour titiller votre côté féminin le plus vil?

Chœur du vent

 

« Le frottement du ballon sur la terre dominait à présent les lamentations des fleurs et des herbes, les claquements des oriflammes. Les pétales arrachés de leurs corolles volaient en gerbes somptueuses de chaque côté de la proue. Les gouttes d'eau libérées par les nuages éventrés formèrent tout à coup les mailles d'un gigantesque filet déployé au-dessus du plateau… »

Au fil de ses épisodes, la série Rohel le Vioter a vu son niveau régulièrement progresser. Pour «  des romans qu'on lit dans le train », la succession de l’Aventurier des étoiles de Tubbs a peu à peu pris un rythme où chaque volume frappe à tous les coups très fort question décors, ceci même si l'intrique parait parfois téléphonée (Rohel débarque sur une planète, il rencontre une femme aux avances de laquelle il s'efforce de ne point céder — à cause de sa bien-aimée qui l'attend au terme de sa quête mais aussi (surtout ?) pour ne pas risquer d'être intoxiqué par les substances dont certaines bougresses s'enduisent la partie la plus intime de leur formidable anatomie — Rohel fracasse le méchant (en général le sous-fifre) et poursuit sa route).

Tout au long des aventures du Vioter, Bordage a également et très progressivement allégé le style fleuri des scènes de sexe, ce qui est tout aussi bien, sans jamais se départir de l'empreinte orientale qui caractérise ses récits, ce qui est encore mieux. La somme s'avère donc classique, pas fatigante à lire — tout en demeurant du pur Borda et en conservant un intérêt indéniable bien au-dessus des standards imposé par la littérature dite « de gare ».

Or donc, en ce qui concerne Chœur du vent, Rohel le Vioter poursuit son voyage de retour vers sa bien-aimée, détenue en otage par l'envahisseur Garloup, armé du Mentral (formule mentale dévastatrice) dérobée à l'Église du Chêne Vénérable, et de l'épée (magique) Lucifal, seule arme capable de venir bout des Garloups. Abattu par des pirates à la solde du Chêne Vénérable et d'une Intelligence Artificielle, le héros atterrit sur Kabmsin, planète interdite par des sondes automatisées à tous autres que les membres du Chœur du Vent, seuls aptes à survivre aux tempêtes musicales.

Bordage au mieux de sa forme d'une fantaisie (attention, je n'ai pas dit fantasy) épique aux décors et aux harmonies splendides, avec plusieurs morceaux de bravoure très réussis (la chevauchée des dirigeables, le martyre de Xandra la valkyrie…) et quelques passages assez croustillants (comme le dégraissage en règle dudit chœur du vent). Une écriture parfaitement rodée pour un space opera coloré et, comme de coutume, épicé.

Le Printemps russe

 

« Le pilote gémit quand les patins de l’hélicoptère touchèrent terre. Mrs Van Gelder tapa sur le museau de son cocker : « Si tu me pisses dessus, Pupuce, je te tue ! glapit-elle… Eh bien, qu'est-ce que vous attendez, espèce d'idiot ? » dit Mrs Van Gelder en flanquant la laisse dans la main du pilote au visage terreux. « Emmenez Pupuce faire sa promena avant qu'il ne fasse partout. »

– Perro / cria quelqu'un. Perro, Perro, Perro !

– Un chien!

– DE LA VIANDE!

– DE LA VIANDE ! DE LA VIANDE ! DE LA VIANDE ! »

Le choc de l'été 96: la réédition chez Denoël de Les Années fléaux, recueil de trois novellas dont le traumatisant « Chair à pavé » - à l'occasion de la sortie en poche de Le Printemps russe du même auteur (voir plus bas) chez le même éditeur.

En une préface — vibrant plaidoyer contre l'Amérike annoncée et pour une Amérique digne de ce nom, celle de la conquête spatiale et de la reconstruction économique de l'Europe et du Japon — et trois récits, soit dit en passant, classés dans un ordre d'optimisme croissant, Spinrad démolira, dans Les Années fléaux, les dernières illusions que vous pourriez nourrir encore sur la culture Big Mac/Disney.

En ce qui concerne la grandeur cachée de l'Amérique, c'est en revanche plutôt dans Le Printemps russe qu'il faudra chercher : une fable d'envergure à travers le destin d'un ingénieur père de famille, qui rêvait d'être astronaute, en butte aux coups du sort et aux compromissions politiques aux plus hauts niveaux une lutte pied à pied pour des rêves d'enfant et des espoirs déçus.

Aussi bien dans Le Printemps russe que dans « Chair à pavé » règne un souffle, une puissance narrative qui vous transportera. « La vie continue » — troisième novella des Années fléaux, où Spinrad se met lui-même en scène, en vedette plutôt — ressemble davantage à un vaudeville avec son quota assez réjouissant de coups de théâtre et de retournement de situations. « Chroniques de l'âge du chaos », la seconde novella du même ouvrage, aurait dû être un roman, dont la rédaction fut définitivement ajournée par l'auteur une fois établi la certitude qu'il ne pourrait vendre un tel sujet à un éditeur américain, par trop soucieux des réactions puritaines de l'Amérike profonde.

C'est alors qu'un petit pincement au cœur me saisit. Dans le même cas, Jack Womack nous a livré le terrifiant Journal de nuit (Random acts of Senseless violence), uniquement publié en Angleterre et en France, chez Denoël, et à lire absolument. Même si les « Chroniques de l'âge du chaos » nous sont quand même parvenues sous forme de novella, comment expliquer que l'existence de l'œuvre intégrale se soit jouée selon les règles purement économique de la censure américaine ?…

Flingue sur fond musical

« Je ne pense pas que le frère de Pansy ait tué Maynard. J'ai peur, dit-elle d'une voix langoureuse chargée de toutes sortes de promesses érotiques, J'ai besoin de votre protection. »

Bienvenue dans un futur idéal, où la drogue se prise n'importe où avec la bénédiction des autorités, où les animaux et les bébés ont bénéficié d'une thérapie évolutive leur mettant de se conduire comme des adultes et où chacun est contraint de porter carte magnétique comptabilisant votre taux de Karma, que les inspecteurs de police peuvent s'amuser à faire chuter en deçà de zéro, ce qui vous envoie illico au centre de conservation cryogénique le plus proche le temps de votre peine.

À part l'environnement curieux et parfaitement dystopique (l'Oubliol — la drogue pour oublier qui on est ou ce que l'on a dans la journée renvoie exactement au RubOut réservé au même usage imaginé par Brussolo dans son dernier opus fleuve Noir Anticipation), nous voilà donc dans le Grand Sommeil version Roger Rabbit, remixé 1984, avec au final un roman noir (je veux dire, policier), parfois violent tout à fait classique, mais dont l'intrique fait cette fois corps avec l'univers (autrement dit, Lethem sait se servir de l'Oubliol, quand Brussolo en fait âprement un usage tout à fait anecdotique), qui m'a modérément plu.

Star Trek, La Nouvelle Génération 37

« Geordi La Forge sentit monter en lui une peur primaire.

– Urgence ! s'écria-t-il. Téléportez…

À une vitesse inouïe, un pseudopode jaillit de la matière qui couvrait la coque de l'Enterprise, et frappa les hommes de plein fouet. »

Suite au sauvetage de membres rescapés d'une station scientifique sur la planète Micah IV, l'Enterprise se retrouve contaminé par une forme de vie minérale polymorphe contaminant tout ce qui n'est pas biologique. Comment sauver le vaisseau sans contaminer le reste des installations de la fédération, comment sauver Data, l'androïde lieutenant en second resté à bord?

Le récit ressemble tout à fait à un projet d'épisode non retenu que l'auteur aurait refondu en roman comme le format de 43 minutes de la série télévision américaine débouche sur une novelisation trop courte au regard du nombre de pages requis pour un roman, Bischoff rajoute l'habituelle intrigue secondaire parfaitement inutile de la jeune autiste en réinsertion sociale à bord de l'Enterprise, que l'on va bien sûr présenter au jeune premier (un comateux survivant d'un massacre. aux causes non clairement élucidées !!!) Argh. Si on oublie ce qui précède, Bischoff s'en sort honorablement avec une résolution « scientifique » de l'antagonisme, même si on peut faire plus personnel, plus original, dense, et plus percutant en matière d'aventure de la Nouvelle Génération (n'est-ce pas, monsieur Peter David ?).

Ça vient de paraître

Traduire au futur

Le dernier Bifrost

Bifrost 121
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