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Danses aériennes

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Saint-Judas-de-la-Nuit

Comment aborder Saint-Judas-de-la-Nuit, assurément le récit de Jean Ray le plus difficile d’approche ? Tout simplement en annonçant que le roman va en quelque sorte débuter là où s’arrêtait Malpertuis, avec cette résurgence de Doucedame dans une phrase dérobée à Malpertuis et mise dans le « Prélude à Saint-Judas-de-la-Nuit ». Mais, plus qu’une réécriture, cet ultime roman de Jean Ray est une complexification de la structure de Malpertuis. On doit d’ailleurs avouer que la lecture en est particulièrement ardue, ce en raison d’un refus absolu de linéarité. Poussant à l’extrême le procédé utilisé dans Malpertuis, Saint-Judas-de-la-Nuit se présente en effet comme un roman du retardement et du difficile recentrement, avec son « Avertissement », son « Prologue », sa « Mise en place sur l’échiquier » puis ses huit chapitres entrecoupés de cinq interférences. La lecture est de même rendue difficile par ce déploiement en volets, où le lecteur est amené à douter en permanence de la temporalisation des extraits, et il en vient même à s’interroger sur des noms qui changent de graphie sans explication apparente, à l’image de Pierre-Judas Huguenin qui devient Judd, puis Hügenholz, l’auberge Les Sept étoiles que l’on appelle aussi Le Char de David, ou la ville que l’on présente indifféremment sous les noms de La-Roche-sur-Orgette ou La-Ruche-sur-Orgette.

Il apparaît donc nécessaire de repositionner la chronologie des trois quêtes du Grimoire Stein qui s’entremêlent dans Saint-Judas-de-la-Nuit. Néanmoins, sans doute faut-il aussi éviter de penser uniquement en résumé chronologique et suggérer que c’est définitivement dans cette forme même que l’on peut pleinement saisir la portée métaphysique que l’auteur entendait donner à son ultime roman. Jean Ray propose une épouvante véritablement existentielle : l’Homme a peur de refuser le sens commun imposé par le vocabulaire courant, mercantile (le jeu avec les noms d’auberge qui renvoient à une origine sacrée), et si les mots inversent leurs significations par des alliances et un jeu de regard sur eux, le monde ne serait qu’un illusoire équilibre. Structure de l’illusoire, ce roman, qui ne se prête pas au résumé, allierait son sens à sa forme même. On y verra là une grande réussite… ou un échec, à partir du moment où, dans les autres textes de Jean Ray, l’histoire porte la métaphysique, alors qu’ici la métaphysique emporte l’histoire.

Les Contes noirs du golf

Le recueil, constitué après la mort de Jean Ray, regroupe des textes initialement parus dans la revue Golf. Exercices d’écriture sous contrainte, donc. Dans Les Contes du whisky, l’unité thématique donnait prétexte aux récits sans vraiment les influencer. Ici, le fond détermine les différentes variations formelles, et Jean Ray brasse large. « 72 holes… 36… 72 », « Seul dans le Club House » et « Mademoiselle Andrée Froget » traitent de tragédies amoureuses. « La Balle de l’engoulevent » s’intéresse à la sorcellerie, « Les Links hantés » et « La Chance des aigles blancs » sont des histoires de fantômes, « Hécate » et « EG-1405 » parlent de surnaturel exotique, tout comme le très beau « Monsieur Ram », histoire d’enfant martyr et de son ami pas si imaginaire que cela. « Le Mystère du dipclub » propose une vengeance à la Monte-Cristo. « La Grande Ourse » revisite l’un des thèmes classiques du fantastique, la boutique qui disparaît du jour au lendemain. « La Bête des links » offre un récit réaliste autour d’un tueur de femmes, tandis que « Le Plus ancien membre », « La Fin » et « Le Septième trou » relèvent du fait-divers. On retrouve aussi la parodie d’essai, exercice cher à l’auteur, avec « Le Vestiaire » et l’usage de références historiques, fausses ou avérées dans « Le Golfeur de Mabuse ».

On appréciera, à titre de clin d’œil, « La Balle volée », qui permet de retrouver le personnage de Si Triggs, héros malgré lui du roman La Cité de l’indicible peur (Alma, 2015), et surtout « Le Swing », récit d’une réjouissante méchanceté.

Un ensemble hétérogène, qui va de l’agréable à l’excellent, complété dans l’édition d’origine par une postface d’Henri Vernes.

Le Carrousel des maléfices

Ce recueil rassemble nombre de thèmes chers à l’auteur, traités à travers certains de ses meilleurs textes. L’hyper-géométrie sert de toile de fond à « Mathématiques supérieures », « Le Tessaract » et « Smith contre tout le monde ». Un fantastique de facture classique anime « Bonjour M. Jones ! » et « La Sorcière ». Le sordide quotidien s’illustre dans « Le Banc et la porte ». La tête autonome permet différentes variations, comme autant d’exercices de style dans « La Tête de Monsieur Ramberger », ou la tête vivante dans « Histoires drôles », florilège d’historiettes au comique absurde et grinçant. « La Sotie de l’araignée » revient à l’animal cher à Jean Ray depuis Les Contes du whisky (le nectar écossais laissant place pour ce recueil à la chartreuse verte, évoquée plusieurs fois). « Croquemitaine n’est plus », récit au ton flamand qui évoque le peintre James Ensor, est un bel exemple de la manière dont Jean Ray recyclait ses lectures (ici empruntées au Magasin pittoresque).

On retiendra surtout deux nouvelles, « Trois petites vieilles sur un banc », réinterprétation des trois Moires au fil d’un récit terrifiant, et surtout « Tête-de-Lune », probablement l’un des plus beaux textes de Jean Ray, illustration au vitriol de ce que Hegel appelait « le dimanche de la vie », soit l’idéal bourgeois du paradis, fait d’un plantureux déjeuner familial, suivi d’une promenade digestive. Sur le même thème, en mode comique, l’auteur propose également « Le Beau dimanche ».

Dans sa première édition, le recueil est complété par Le formidable secret du pôle, court roman pour la jeunesse signé à l’origine John Flanders. L’intrigue convoque Thulé et l’Atlantide et se place sous les auspices de Jules Verne et de Ridder Haggard, ce dernier donnant son nom à l’un des personnages. Un roman dispensable, qui ne sera d’ailleurs pas repris dans l’édition Alma en 2018.

Le Livre des fantômes

Publié en 1947, Le Livre des fantômes reprend des thèmes chers à Jean Ray, comme l’étrange fusion et confusion des mondes, avec ici, privilégiée, la relation « monde des vivants / monde des morts ». Mais cette fusion / confusion ne peut s’opérer que par la porte sensible de l’homme, par ce qu’il aime, qu’il juge bon, par ce qu’il désire et qui l’attire dans un piège. Aussi voit-on apparaître très distinctement la thématique du goût dans le recueil. C’est d’abord « La Choucroute », texte à la fois comique et inquiétant, où le narrateur, fin gourmet, reçoit de son ami un billet lui permettant de voyager sur n’importe quelle ligne de chemin de fer. Se laissant aller à l’aventure, il descend fortuitement dans une ville, qui ne semble abriter aucune âme : il se retrouve dans un restaurant, où il commande une fabuleuse choucroute qui s’enflamme et qu’il ne pourra jamais goûter. C’en est fait de lui. Tous les autres plats lui paraîtront fades en comparaison de ce qu’il n’a pu toucher, et ce « manque » lui fait irrémédiablement perdre son ami. Dans la nouvelle suivante, « M. Wohlmut et Franz Benschneider », un éminent professeur, M. Wohlmut, confisque à l’un de ses élèves une liqueur. Le père, venant s’excuser peu après, lui propose de taire le scandale et que tous deux profitent de la bêtise de l’adolescent. M. Wohlmut accepte avec joie et ils goûtent la fameuse liqueur. Bien mauvais acte que de ne voir là qu’un simple contentement des sens : les voilà projetés dans un monde sombre où se dessinent d’effrayants visages. Toutefois, ces hantises plutôt cocasses et parfois amusantes se doublent très vite de spectres plus sombres, comme la culpabilité qui poursuit le cousin Passeroux dans la nouvelle éponyme et qui contaminera celui chez qui il se réfugie. Désirant ardemment les perles d’un peuple vivant aux antipodes, Passeroux kidnappe la fille du chef afin de procéder à l’échange. Mais celle-ci s’échappe et, regagnant le rivage à la nage, est dévorée par les requins. Voilà Passeroux maudit. Cette culpabilité, c’est aussi l’inconscience du président du tribunal, M. Larrivier, dans la nouvelle « Maison à vendre », où le juge, dans sa froideur, est condamné à expier, une fois mort, l’ingratitude exprimée de son vivant. Enfin, la dernière hantise, c’est celle de la mort qui, de sa faux, parfois visible, parfois non, poursuit tout vivant. C’est « Mon fantôme à moi (l’homme au foulard rouge) » qui joue avec le lecteur par ses premiers mots : « Non seulement ceci n’est pas un conte, mais c’est un document » ; c’est aussi la découverte de la besogne de l’oncle Timotheus, dans la nouvelle placée à son étrange enseigne. Le Livre des fantômes apparaît donc comme le livre de la hantise, des puissances invisibles qui peuplent le monde et se jouent des mortels. Qu’elle soit religieuse, psychologique, ou même magique, la hantise remplit bien sa fonction, celle de hanter, et, une main posée sur l’épaule, d’orienter l’homme vers sa fin funeste.

La Cité de l'indicible peur

Il y a du jeu dans La Cité de l’indicible peur… Triggs, ce détective malgré lui, ne jauge ni ne juge les événements, mais il les fait pourtant jouer. Il permet ainsi d’aller au-delà du décor « plus british que british » de la ville d’Ingersham. Détective involontaire, il découvre non seulement un vrai trafic de faux billets, mais il fait aussi dire aux habitants des choses tues et cachées… Surtout, il fait jouer dans le roman cette alternance entre ce qui relèverait du roman policier et ce qui renverrait à la tradition du récit fantastique. Les deux perspectives se rejoignent, ce qui fait tout le sel du récit, au point que la critique ait pu avancer qu’il s’agissait là d’un faux roman policier, ou d’un faux roman d’épouvante. Si l’on semble donc s’écarter du récit fantastique, le lecteur pourra s’interroger sur cette ouverture historique de haute volée, avec cette « Grande peur » et ces « Ils » qui franchissent les siècles et parcourent l’Angleterre, avant d’atteindre la petite ville d’Ingersham, alors que les habitants n’ont que pour seules préoccupations gastronomie et sexualité. Que reste-t-il de cette « Grande peur » si Scotland Yard réussit à démonter la machination humaine ? Le lecteur pourra alors questionner le seul « vrai » fantôme du roman, qui erre solitaire dans l’hôtel de ville, sans que personne ne s’en préoccupe désormais.

Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui Ils sont, promettait en quelque sorte le début du récit. Dis-moi ceux que tu ne hantes plus, je te dirai ce qu’ils sont devenus, avance-t-il finalement… Ce qu’ils sont devenus ? Des personnages à l’écart de l’Histoire, qui refusent toute rupture, toute avancée, se contentant de profiter du présent, de ce qui est littéralement à portée de main. Pas de femme ? Un mannequin suffira. Pas d’homme ? Des repas et des objets les remplaceront. Pas de Dieu ? Un détective le supplantera. C’est ce règne du faux, des palliatifs, qu’invite à découvrir ce roman, avec un seul plaisir vrai : celui de la lecture.

Les Derniers Contes de Canterbury

Paru en 1944, ce recueil de nouvelles, comme son nom l’indique, se propose de poursuivre l’œuvre de Chaucer, en y ajoutant toutefois une note cocasse. Cocasse ? Le mot peut surprendre tant l’univers rayen est sombre et, particulièrement dans ce recueil et sa première partie, sanglant. Néanmoins, l’ouvrage ne se départit pas de cynisme, d’abord à travers le personnage de Tobias Weep, homme simple à la perception floue, fausse et mouvante, dont le rôle consiste, on peut le croire, à suivre son ami, l’inquiétant Reid Unthank. Tous deux appartiennent à un cercle littéraire qui se réunit selon les volontés plutôt loufoques d’un défunt, Sir Daniel Creswell. L’ordre du jour charge Tobias du secrétariat tandis que l’on discute d’une importante question : la localisation de l’auberge où Chaucer aurait écrit ses histoires. Déconfits, les deux amis voguent parmi les rues obscures lorsqu’ils tombent sur l’auberge en question. Weep devient alors l’invité d’un cercle des plus étranges, où chacun raconte une histoire. Les contes se succèdent. Le premier, « Irish stew », illustre parfaitement l’ironie du recueil. C’est l’histoire d’une auberge où l’on sert, pour une somme modique, un stew délicieux, jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que l’aubergiste est un tueur et qu’il donne ses victimes à manger. À un client de conclure : « Nous n’aurons plus jamais autant à manger pour dix pence. » La partie « sanglante » s’achève sur un des meilleurs contes du recueil, « Suite à Tyburn », où Tipps, le bourreau, prolixe en bons mots et autres plaisanteries, nous raconte sa vie, son devoir et son amour avec la troublante Mistress Squeak. À travers le personnage du bourreau, et la place centrale que joue Tyburn, lieu où se déroulaient les exécutions capitales, parfois précédées de tortures, c’est la question de la justice qui est posée, et, par voie de conséquence, celle de Dieu, notamment par les personnages-conteurs que sont Miss Grace Abercrombie, qui sacrifia de jeunes enfants au dieu Baal, et la clergesse, experte en sorcellerie macabre. Dans la seconde partie, qui s’ouvre à l’océan, on notera les trois histoires de l’homme de la rum-row. Dans « La Plus belle petite fille du monde » se retrouvent toute l’horreur et le sublime de l’humanité, alliés au terrible cynisme du monde. C’est le récit d’un père, parti à l’aventure et perdu pour les cieux. Car le père ne souhaite qu’une chose : le bonheur de sa fille et, pour cela, il se contraint à assassiner ses camarades. Mais le sort est bien cruel et lorsqu’il revient, enfin riche et couvert de crimes, la plus belle petite fille du monde est décédée dans la misère. Dans « L’Assomption de Septimus Kamin », il s’agit toujours d’une petite fille, née à bord d’un vaisseau de contrebande, fille d’une danseuse entourée de mauvais garçons. Seulement, ces hommes qui n’entendent rien à la religion, particulièrement cette brute de Septimus Kamin, forcent le baptême et, faisant avec les moyens du bord, sacrifient alors leur meilleure bouteille de whisky. L’avenir les félicitera de leur prévenance car, heurtant peu après un paquebot, ils sombreront dans l’oubli. Reçu au paradis pour ce seul acte de bienveillance, Septimus demandera au Christ s’il peut malgré tout boire un petit peu. Le recueil s’achève sur une triple réflexion : la Mort, la Création et le Mal. Quel rôle le secrétaire, et par-là même l’écrivain, joue dans l’équation céleste ?

Malpertuis

Le roman est assurément un des textes majeurs de Jean Ray. L’argument en est l’existence des dieux antiques qui vivent tant que des hommes croient en eux. Cassave, maître en sciences occultes, a fait capturer les dieux survivants de la Grèce sur une île de la mer Egée pour les enfermer dans Malpertuis, vieille demeure d’une ville du Nord, en leur prêtant apparence humaine. La maison devient le cadre de conflits féroces entre les dieux mobilisant ce qu’il leur reste de puissance? ; entre autres, la Gorgone et une des Érinyes se disputent l’amour d’un mortel, Jean-Jacques Grandsire.

Une lutte à mort…

Le roman se caractérise par la complexité de la structure narrative : les récits des différents narrateurs s’enchevêtrent et se complètent pour ne dévoiler que progressivement les éléments du mystère, dans un climat de terreur sans cesse relancée. Tous ceux qui parlent du mystère meurent, car ils enfreignent l’interdiction du Dieu chrétien d’évoquer ces savoirs impies. Le roman, par sa longueur même, permet à Jean Ray de développer un jeu d’annonces dans lequel des mentions apparemment anodines donnent des indications sur l’explication des faits mystérieux (la description de la chevelure d’Euryale permettrait de comprendre qu’elle est la Gorgone). Cependant, l’auteur égare autant qu’il avertit le lecteur, multipliant les fausses pistes. Jean Ray développe également des réseaux élaborés d’images, autour du regard et de la pétrification, qui redoublent efficacement la description des personnages et les péripéties du récit, en en accentuant la cohérence.

Les Cercles de l'épouvante

Le rond d’une pipe : voilà comment s’achève le recueil. Une pipe et un cercueil. La dernière nouvelle justifie et illustre le titre de l’ouvrage. Baxter-Brown, pauvre médecin à la chiche clientèle, se procure un manuscrit qui le conduit, sous couvert d’une effraction, à retrouver le Miroir noir, titre de la nouvelle, ayant appartenu au savant, alchimiste et astrologue John Dee. Mais, malgré ses efforts, Baxter-Brown ne parvient pas à l’utiliser, à faire que ce dernier lui révèle l’antre des trésors qui le rendraient riche. Et pourtant, au cours d’une nuit d’expérience, sa pipe, sa précieuse pipe, Polly, disparaît. Il ne la retrouvera qu’à l’issue de la nouvelle : « Ah? ! la salope, elle m’avait volé ma pipe? ! », s’exclamera-t-il en mourant. Attention, il ne faudrait pas, par cette unique injure, conclure à la vulgarité des récits : ce ton particulier participe pleinement de l’esthétique et de l’optique des nouvelles –, c’est la mort, la même que le pauvre et naïf narrateur du « Cimetière de Marlyweck » rencontre en suivant son ami Peaffy dans des espaces sans lieu où les tombes, une fois à droite, vous bloquent ensuite le chemin du retour. Il s’agit alors d’une gigantesque statue de bronze, hideuse, tenant un sablier, et, l’instant d’après, une faux. À son insu, il la ramènera avec lui. Mais la « salope », c’est aussi l’horreur, qui enferme ses victimes dans les cercles de l’épouvante, cercles magiques dans « Le Miroir noir », cercles interdits aux hommes, mais aussi cercles humains, faits de briques rassurantes. C’est aussi l’horreur enfermée et gare aux imprudents qui briseraient les scellés à l’instar des brigands, poussés par la curiosité, qui déverrouillent la porte de « L’Auberge des spectres ». Le brigandage est d’ailleurs un thème récurrent du recueil? ; il apporte le malheur, car le cercle à ne pas briser, c’est peut-être celui de la propriété – « L’Assiette de Moustiers ». Propriété légale, propriété du corps. « La Main de Goetz von Berlichingen », appendice d’un feu chevalier, est retrouvée par quelques imprudents qui, redoublant d’audace, ouvrent la cage dans laquelle elle était enfermée? ; la main devient meurtrière (la hantise de la main meurtrière, et sans corps, est récurrente). L’homme doit alors rester à sa place, ne pas franchir les limites, se garder du monde des morts, du monde interdit et d’effacer le cercle qui l’en protège car, dans le cas contraire, de chasseur, il devient chassé, à l’image de « L’Histoire du Wûlkh ».

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